La Fontaine a pris texte chez Esope (« Le Lion et le Rat reconnaissant »). Mais Clément Marot (1496-1544), valet de chambre de François Ier, avait déjà écrit une épître portant pour titre « A mon ami Lyon Jamet ». Il est possible que La Fontaine ait voulu rivaliser avec le poète de cour dans un souci de saine émulation.
Obliger tout le monde : rendre service à tout le monde.
Lui donna la vie: Lui laissa la vie sauve.
Eût affaire: Eût besoin.
Il avint: Il advint.
Ce lion: Variante de 1668 : « Le lion ».
Patience et longueur de temps... : A comparer à « Plus fait douceur que violence » (« Phébus et Borée », livre VI, fable 3, vers 40).
Certain Renard gascon, d’autres disent normand*,
Mourant presque de faim, vit au haut d’une treille
Des Raisins mûrs apparemment
Et couverts d’une peau vermeille.
Le Galand en eût fait volontiers un repas ;
Mais comme il n’y pouvait atteindre :
« Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des Goujats. »
Fit-il pas mieux que de se plaindre ?
L’inspiration est fournie à la fois par l’apologue de même titre d’Esope et par « Le Renard et le Raisin » de Phèdre. Chez ce dernier, la fable est précédée par la maxime Le glorieux méprise ce qu’il ne peut avoir ».
* Il ne s’agit pas, chez La Fontaine, de vouloir à tout prix préciser l’ origine du renard mais bien plutôt de faire allusion à certaines caractéristiques régionales le Normand ne peut s’engager clairement (« P’ être bin qu’oui, p’têt bin qu’non), tandis que le Gascon ne veut pas perdre la face.
"... Juste un mot sur les gavaches (prononcer gabatchs).
Ils vivent au nord, dans les régions froides et peu civilisées des
montagnes centrales. Ils parlent patois et ne sont bons qu'à faire
brouter les
vaches. À certaines saisons ils descendent dans les terrains
méridionaux comme travailleurs périodiques. C'est l'occasion pour noil a dû désigner d'abord les goitreux, jadis nombreux dans les montagnes`` (Dauzat 1964); sens actuel « montagnard, étranger »us
de voir comme ils sont frustres et ignorants. Le gavache
est la référence barbare. Il est ce qu'il ne faut pas être. À deux ou
trois reprises, par suite de quelque bêtise, j'ai été menacé d'être
envoyé dans la montagne pour garder les vaches avec lesgavaches. J'en ai pleuré. Une vraie détresse.
"J'ai longtemps cru que les gavaches étaient les gars à vaches. Beaucoup plus tard, travaillant en Espagne, je découvris que pour les Espagnols tous les Français sont des gabachos.
Et j'appris l'origine de ce mot. Les Gabaches furent un peuple du
Massif Central qui, au Moyen Âge, lorsque l'Espagne était encore verte
(avant qu'oil a dû désigner d'abord les goitreux, jadis nombreux dans les montagnes`` (Dauzat 1964); sens actuel « montagnard, étranger »il a dû désigner d'abord les goitreux, jadis nombreux dans les montagnes`` (Dauzat 1964); sens actuel « montagnard, étranger »il a dû désigner d'abord les goitreux, jadis nombreux dans les montagnes`` (Dauzat 1964); sens actuel « montagnard, étranger »n ne la dépouille de ses forêts pour fabriquer les galions
qui vidèrent le Nouveau Monde), franchissaient la frontière pour venir
y faire les récoltes.
"Des
journaliers, des saisonniers. Les Français ont été pendant plusieurs
siècles travailleurs immigrés en Espagne. Il paraît que le mot existe
aussi en italien.
"On est toujours le gavache de quelqu'un. Il fallait s'y attendre."
Il a dû désigner d'abord les goitreux, jadis nombreux dans les montagnes`` (Dauzat 1964); sens actuel « montagnard, étranger »
Un petit résumé humoristique de ce que les Etats, particulièrement dans les pays latins, mais aussi tous ceux qui n'utilisent leur ordinateur que pour lire sporadiquement leurs emails (quelle perte de temps! pensent-ils), voient dans "la révolution digitale" : LE MAL!
Ils ont raison car il est difficile de perdre le pouvoir, de changer, de s'adapter à autre chose dont on ne sait pas bien ce que cela va être...
« Ah ! que n’est mon bonheur plus compatible au vôtre ? »
Pierre Corneille, Attila (Acte I, scène 3)
« C’est s’investir d’une supériorité bien abusive que de dire à
quelqu’un ce qu’on pense de lui et de ce qu’il fait. La franchise n’est
pas compatible avec un sentiment délicat, elle ne l’est même pas avec
une exigence éthique »
Emil Michel Cioran, De l’inconvénient d’être né, 1973
« On n’entre jamais tout à fait dans la place où l’on est ; on ne reconnaît son moule dans aucun des creux de la vie (...) toute patrie est un exil, tout exil est une patrie ; Ailleurs semble toujours préférable à Ici (...) »
Victor Hugo, Post-scriptum de ma vie, Contemplation suprême.
Cela veut dire que les mots se sont transformés pour désigner des choses nouvelles. Le français, à son heure, continua le travail, distinguant très clairement la captation de la capture, et ce qui est captivant de ce qui est captieux. ..Je voudrais proposer en complément le capteur intuitif, bonne définition de ce que sont (ou devraient être) poètes et romanciers. C’est assez dire que l’invention ne cesse pas et n’a aucune raison de cesser. Avançons gaiement, terminologisons à tout va ! Le dictionnaire reconnaîtra les siens. C’est capté ?
François Taillandier
« Le bonheur, c’est de continuer àdésirer ce qu’on possède. » Saint-Augustin.
Quand un anglophone ne comprend pas un mot de ce que lui dit son interlocuteur, il pense: "Pour moi, c'est du grec!".
Quand un hébreuphone rencontre cette difficulté, il se dit:"c'est du chinois!". Les coréens dans la même situation, s'exclament:"c'est de l'hébreu!".
Ainsi un Hellenophone dans une situation d'incompréhension, se réferera volontiers à l'Arabe ou au Chinois. Alors que pour un Arabe la langue proverbialement inintelligible est l'Hindou, et pour le Chinois c'est... le language des Cieux!
Pour les Roumains, le plus incompréhensible est le Turc, alors que pour le Turc c'est le français et pour le Français le summum de l'incompréhensible est de loin le Javanais.
Il faut cependant remarquer que le Chinois arrive en tête comme langue réputée incompréhensible par une douzaine d'autres, du Grec au Polonais en passant par le hollandais et le Lithuanien.
L'Espagnol, l'Hébreu et le Grec sont aussi réputées comme incompréhensibles, ce qui se conçoit bien pour les deux dernières (isolées et relativement peu répandues) mais est inexplicable dans le cas de l'Espagnol, langue vraiment internationale.
Pourquoi et comment une langue obtient une telle réputation vis à vis des autres?
Au Moyen Âge par exemple, quand la connaissance du grec parmi les moines était sur le déclin, ils commencèrent à écrire , en latin, en marge des textes qu'ils n'arrivaient pas à traduire:“Graecum est, non legitur” soit "ceci est du grec pour moi, je ne peux le lire".
Le Grec, la langue de l'élite même au temps des Romains, est resté à l'Ouest le synonime le plus populaire du charabia du temps de Shakespeare, qui le popularise sous la forme "c'etait du grec pour moi".(Acte 1 de Jules César)
Sculpture de Jean Amado Le bateau ivre (Marseille - Plage du Prado - Photo de Mildiou) Extrait du Bateau Ivre « Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes Et les ressacs et les courants, je sais le soir, L’aube exaltée ainsi qu’un peuple de colombes, Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir ! » --- Twitter : http://twitter.com/nanouk
France Inter diffuse une émission de géopolitique tous les samedis sous forme de conversation entre Patrick Pesnot et un certain Monsieur X. Celle-ci, en deux parties, est sur la Bolivie.
"C'est le pays des Indiens… C'est à dire le pays où les Indiens
d'Amérique, comme Christophe Colomb les a nommés à tort, sont
proportionnellement les plus nombreux : la Bolivie ! Le pays aux
presque deux cents coups d'Etat mais où, depuis 2005, c'est un
authentique Indien qui est aux commandes. Ou plutôt, car le mot «
Indien » est péjoratif dans les pays andins, un indigène, Evo Morales !
Le premier élu indigène depuis l'indépendance acquise en 1825 et un
ardent représentant de tous ces dirigeants d'Amérique latine qui
rejettent désormais de plus en plus la tutelle traditionnelle de
l'encombrant grand voisin du nord, les Etats-Unis." Première partie: http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/rendezvousavecx/index.php?id=75457 Deuxième partie: http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/rendezvousavecx/index.php?id=75458
Il serait intéressant de superposer à cette carte celle de 2009, sans doute aurions-nous le même pourcentage d'émigration mais ...des provenances plus lointaines. Paris était un "condensé de france", elle est maintenant un "condensé de monde". (merci à http://chu33.posterous.com)
(écoutez l'émission de radio consacrée à ce livre) sur radiofrance.fr
1946. L'Europe émerge de la seconde guerre mondiale Marcel Bataillon, consacre cette année-là son cours du Collège de France aux premiers jésuites d'Espagne. Inédit jusqu'à ce jour, il mobilise toutes les ressources d'un grand historien et devance de plusieurs décennies les recherches actuelles sur la première réforme catholique dans la péninsule ibérique, en soulignant par exemple l'ouverture, exceptionnelle et brève, de la jeune Compagnie de Jésus aux juifs convertis. Marcel Bataillon est un homme libre. Contre l'anticléricalisme de l'hispanisme français de l'immédiat après-guerre, irrigué par l'exil républicain, il fait surgir une communauté de prêtres-moines peu orthodoxes, et cependant bien catholiques. il ouvre une brèche dans l'historiographie de la Contre-Réforme, en montrant comment, pendant toute la seconde moitié du XVIe siècle, la Compagnie de Jésus, fondée en 1540, sut maintenir un réel écart avec la ligne institutionnelle de l'Eglise catholique. Vantant à propos d'Ignace de Loyola, fondateur de l'ordre, "quelques-unes des énergies les plus pures et les plus désintéressées du mouvement diffus de rénovation religieuse", Bataillon empiète sur le terrain confisqué par l'histoire ecclésiastique. Mieux, il rectifie la vulgate bien pensante du temps : "Si nous voulons situer correctement la Compagnie naissante dans le mouvement religieux contemporain, nous devons oser la rapprocher d'un mouvement que l'Inquisition a qualifié d'illuminé ou luthérien : l'érasmisme espagnol."